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RAPPEL D'HISTOIRE

Le Moulin de la Dalle


par

Claude-Henri Grignon
André Giroux


Le Moulin de la Dalle
Le côté ouest du moulin, par Claude-Henri Grignon

Le moulin de la Dalle, situé au confluent des rivières du Chicot et des Mille-Îles, au 439, chemin de la Grande-Côte à Saint-Eustache, témoigne d'un passé où ses propriétaires se sont surpassés pour le maintenir en opération. Construit sur une rivière à très faible débit d'eau, son avenir n'était pas assuré. Il a fallu user d'une technique inusitée pour le faire fonctionner et d'une disposition légale pour le maintenir en opération.

La dalle amenant l'eau de la rivière du Chicot à l'abée du moulin et la clause testamentaire d'Eustache-Louis Lambert-Dumont dans son testament olographe accordant la propriété du moulin aux arrière-petits-enfants à naître sont les deux éléments de la vie et de la survie de ce moulin.

Les moulins et le régime seigneurial

Le régime seigneurial, inspiré du régime féodal français, est le mode choisi par le roi de France pour développer et peupler la Nouvelle-France. «L'intérêt des seigneurs canadiens et de leurs censitaires étant de s'entraider dans la lutte journalière contre les forces naturelles d'un pays vierge, en même temps que contre les attaques incessantes de l'ennemi séculaire établi dans les colonies anglaises et contre la férocité des tribus indiennes, ils sont, pour ainsi dire, forcés de se rapprocher et, par la suite, de mieux se comprendre dans l'édification commune de la colonisation.»1

Les premiers seigneurs sont recrutés parmi les officiers du régiment Carignan-Salières envoyé dans la nouvelle colonie pour protéger les établissements royaux et les nouveaux colons. Dans un très grand nombre de cas, les premiers colons sont d'anciens soldats de ce même régiment. Pour pallier au manque de femmes, l'intendant Talon fait venir de France les filles du roi, «jeunes filles de bonne famille dotées par le roi pour contracter mariage»2 en Nouvelle-France.

Un de ces officiers, Michel-Sidrac Du Gué de Boisbriant, obtient la concession de la seigneurie des Mille-Îles le 24 septembre 16833. Malheureusement, Du Gué ne s'occupe pas de sa seigneurie et il n'y effectue aucune concession de terre. Son fief retourne donc aux terres de la Couronne. Les gendres de Du Gué, Jean Petit et Gaspard Piot de Langloiserie, obtiennent à nouveau la concession de la seigneurie des Mille-Îles et entreprennent le peuplement de celle-ci4.

Il appartient au seigneur de recruter des colons pour peupler sa seigneurie. Il se doit de faire arpenter son fief et d'y prévoir le mode de répartition des concessions sur son territoire. Mais avant tout, le seigneur doit prêter le serment de foi et hommage au roi ou à son représentant. De plus, tout seigneur doit fournir au roi un acte d'aveu et dénombrement composé d'une description de sa seigneurie et du recensement détaillé des personnes qui y vivent et des biens qu'elles possèdent. Ces formalités remplies, le seigneur amorce son travail d'agent des terres.

Parmi les devoirs du seigneur, citons ici ceux qui influencent directement le peuplement de la seigneurie. Le seigneur doit concéder les terres choisies par les colons. En retour, le colon doit habiter sur sa terre, la défricher et la cultiver.

Le seigneur doit construire des chemins pour faciliter la circulation des personnes et des biens. Le colon doit donner le terrain nécessaire pour la construction de ces chemins et, par la suite, il doit s'occuper de l'entretien de la portion de route en front de sa propriété.

Le seigneur doit aussi construire un moulin pour moudre les grains de ses censitaires. En retour, au contrat de concession d'une terre à un colon, il est clairement stipulé que celui-ci doit faire moudre ses grains au moulin seigneurial, ce qui constitue l'obligation de banalité. En échange de ce travail, le seigneur perçoit le droit de mouture qui consiste en une redevance d'un minot de grain par quatorze minots moulus.

Outre ce revenu sur la mouture des grains, le seigneur perçoit cens et rentes, une fois par année, à la Saint-Martin, le 11 novembre. Ces argents perçus compensent pour les investissements parfois très coûteux en construction de chemins ou de moulins.

Comme nous l'avons vu, le seigneur a l'obligation de construire un moulin à farine. À l'époque, ces moulins fonctionnent par la force du vent5 ou par la force de l'eau. De plus, il doit engager un meunier et des aides pour effectuer les différentes étapes de l'opération d'un moulin du piquage des meules aux réparations usuelles et à la mouture des grains.[...]



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